Le Matériel d’Éclairage

Avant d’aborder ce chapitre, on peut logiquement se poser la question de savoir si, compte tenu des progrès réalisés au cours des dernières années, tant au niveau de la rapidité des films, que des possibilités accrues offertes par les caméras XL (ouverture maximale f/1,2, obturateur à 240°). il est encore nécessaire de s’encombrer d’un matériel d’éclairage. Il ne faut certes pas nier ces progrès qui ont, dans une large mesure, favorisé une certaine forme de cinéma plus spontanée et plus vraie, en conservant la douceur et le modelé de l’éclairage ambiant. Mais il est juste aussi de reconnaître que ces résultats sont obtenus au détriment de la finesse de l’image et que l’obligation d’opérer en permanence à grande ouverture rend la mise au point délicate et réduit presque à néant la profondeur de champ.

Choix des Lampes

Quels sont les avantages et inconvénients respectifs des divers types de lampes proposés aux cinéastes amateurs ?

Le choix des lampes doit tenir compte de deux facteurs importants : la puissance désirée et le réglage de la caméra (extérieur ou intérieur) utilisé.

Ce dernier point est étroitement lié à la notion de température de couleur de la lumière émise par les divers types de lampes et à l’équilibre chromatique du film, fonction de la présence du filtre de conversion incorporé (5900 K) ou de son absence (3400 K). Sachez qu’il est, malgré tout, presque toujours possible de corriger, par un filtre approprié, la température de couleur émise par une lampe, si le choix de cette dernière est imposé par les circonstances.

En règle générale, si l’on admet que la quasi totalité des cinéastes amateurs tourne sur film inversible, le choix des lampes se limite pratiquement à deux modèles : les lampes types Photoflood et les lampes quartz-halogène.

Les lampes type Photoflood ou équivalentes.

Leur filament, fortement survolté, produit une lumière abondante sous un faible volume, au détriment de la durée de vie de la lampe, qui n’est que de 2 à 6 heures, selon le modèle et la puissance. Ce survoltage entraine, bien entendu, une augmentation de la température de couleur de la lumière émise qui, pour les ampoules claires, atteint 3400 K à sa tension normale d’utilisation. Les lampes flood sont habituellement utilisées dans des réflecteurs métallisés qui en concentrent le flux. Il en existe aussi à réflecteur incorporé.

Il existe aussi, dans cette catégorie, des lampes à ampoule bleue dont la température de couleur, de l’ordre de 4800 K, limite leur rôle à celui d’appoint à la lumière du jour. Elles existent en plusieurs puissances (250, 375 et 500 watts) et pour tous les voltages habituels ( 11 0-120 et 220-240V). Les lampes avec réflecteur incorporé dans la masse ont un meilleur rendement que les lampes ordinaires.

L’emploi des lampes type Photoflood cède de plus en plus la place aux lampes quartz-halogène, de conception plus moderne et de rendement supérieur.

Les lampes quartz-halogène

Il s’agit de lampes d’une grande puissance, constituées par un tube de quartz résistant à de très hautes températures et utilisant la vapeur d’iode ou de brome (halogènes) comme réacteur chimique. Cette vapeur empêche, en outre, le noircissement de la lampe.

Caractérisées par un excellent rendement, pour un encombrement très réduit, elles donnent à la fois davantage de lumière (rendement de 1500 à 2000 watts pour une consommation de 650 watts) et durent plus longtemps que les lampes type Photoflood ( 12 à 1 5 heures en moyenne). Elles sont, de ce fait, très largement utilisées en cinéma où elles équipent, notamment, la plupart des lampes-torche couplées avec les caméras. La température de couleur de la lumière émise, de l’ordre de 3400 K. pour une tension d’alimentation de 120 volts, rejoint celle des lampes survoltées. Elle reste stable pendant toute la durée de vie de la lampe.

Sachez enfin que vous ne devez jamais toucher une ampoule de quartz avec vos doigts nus le contact de la peau se traduisant, au moment de l’allumage, par une tache noire. Saisissez les par la douille ou bien prenez la précaution de mettre des gants ! Ajoutons que les lampes halogène nécessitent un porte-lampe spécial, conçu de façon à pouvoir dissiper la chaleur dégagée.

Les lampes spot ou « spotlight »

On désigne sous ce nom les lampes qui équipent les spots de studio et dont le faisceau est contrôlé par une lentille de Fresnel. Un ou plusieurs coupe-flux peuvent leur être adjoints pour créer des ombre dégradées. Elles ne sont que très faiblement survoltées et possèdent ainsi une durée de vie considérablement plus grande (100 heures environ). Leur température de couleur, de l’ordre 3200 K. exige, en vue d’un rendu satisfaisant des couleurs sur film type A l’emploi d’un filtre Kodak Wratten N° 82 A (bleuâtre).

Bien que ces spots présentent l’avantage de se prêter à des effets d’éclairage très précis, leur r flux pouvant à volonté être concentré ou étalé,leur emploi par les cinéastes amateurs tend pratiquement à disparaître, au profit, notamment, des lampes quartz-halogène.

Variation de Couleurs des Lampes

Je ne suis personnellement guère satisfait des lampes survoltées, celles-ci m’ayant donné, selon les circonstances, des résultats de qualité très inégale. Existe-t-il une explication ?

Les lampes survoltées, comme leur nom l’indique, subissent lorsqu’elles sont branchées sur le secteur normal, un certain survoltage destiné à accroître leur rendement lumineux. Mais contrairement aux lampes aux halogènes, elles ont tendance à noircir progressivement au fur et à mesure que des particules de tungstène, émises par le filament, viennent se déposer sur leur paroi.

Ce noircissement, très progressif, passe longtemps inaperçu mais n’en exerce pas moins une double influence sur la lampe :

  • réduction de la quantité de lumière émise
  • abaissement de la température de couleur de la lumière.

Le premier facteur est souvent sans importance, car la plupart des caméras possèdent une cellule incorporée qui mesure la lumière effectivement émise par la lampe, quel que soit son degré de vieillissement.

Le second facteur entraine, par contre, des conséquences beaucoup plus graves, car les cinéastes amateurs ne sont généralement pas équipés pour mesurer la température de couleur effective de la lumière émise par les lampes. Or, celle-ci diminue progressivement, entraînant un réchauffement des tonalités qui apparaît principalement sur les visages des personnages.

Nul doute, dans ces conditions, que la qualité de la couleur se dégrade !

Le remède consiste, soit à n’employer que des lampes pratiquement neuves alimentées sous leur tension normale, soit à compenser le réchauffement de la lumière en utilisant des filtres compensateurs de couleur bleuâtre.

Réchauffement des Couleurs avec Lampes Bleues

Ma caméra étant réglée pour une prise de vues à l’extérieur, j’ai cru pouvoir, pour réaliser une séquence en lumière artificielle, me servir de lampes photoflood bleues. Le résultat a été décevant. Pourquoi ?

La température de couleur des lampes survoltées à ampoule bleue est de l’ordre de 4.800 K, c’est-à-dire assez nettement inférieure à celle pour laquelle les films type jour sont conçus (5.900 K). Cette différence suffit à expliquer la dominante jaune que vous avez constatée. Les lampes bleues sont en effet, exclusivement, conçues pour servir d’appoint à la lumière du jour, dans les scènes d’intérieur insuffisamment éclairées ou, d’une façon plus générale, pour éclairer ou alléger les ombres, lorsque celles-ci présentent une densité excessive.

Puissance du Compteur Électrique

Je possède, dans mon appartement, un compteur électrique de 15 ampères en 220 volts. Combien puis-je utiliser de lampes ?

Si l’on admet qu’aucun autre appareil électrique ne sera branché au moment du tournage, vous pourrez utiliser une puissance de 3300 watts (220 x 1 5 = 3300), à répartir entre des lampes de diverses puissances, selon la nature de l’éclairage que vous désirez composer : par exemple, 2 lampes halogène de 800 watts et 3 lampes Photoflood de 500 watts.

Vous veillerez à ne jamais brancher plus de 2 lampes sur une même prise afin de ne pas surcharger le fusible de protection. L’emploi d’un «économiseur» système simple de commutateur série-parallèle, permet de fonctionner en demi-puissance pendant la période, souvent assez longue, de réglage des éclairages. D’où économie de courant, moindre dégagement de chaleur et longévité accrue des lampes.