Projection des Films Muets

Souvent considérée comme une opération mineure en raison de son apparente facilité, la projection d’un film suppose pourtant une parfaite connaissance du matériel sans laquelle les qualités de l’image ne pourraient être pleinement restituées sur l’écran.

Aussi me paraît-il indispensable d’examiner préalablement les principaux éléments constitutifs d’un projecteur de cinéma, en rappelant qu’un projecteur fonctionne sur un principe à peu près identique au choix d’une caméra. D’ailleurs, les premiers appareils fabriqués par les Frères Lumière servaient à la fois de caméra et de projecteur.

Projecteur de films
Trajet suivi par le film dans un projecteur 1. Bobine réceptrice – 2 et 3. Couloir et presseur – 4. Bobine débitrice – 5. Film sortant de la bobine débitrice – 6 et 8. Couloir guide-film pour la mise en place automatique du film 7. Film – 9. Débiteur supérieur (galet denté) – 1 0 et 12. Couloir guide-film (boucle inférieure) – 11. Film – 13. Débiteur inférieur (galet denté) – 14. Film – 1 5. Galets guide-film.

Un projecteur se compose de 3 éléments principaux :

  • Un ensemble mécanique : moteur, ventilateur, débiteurs, griffes d’entraînement du film, obturateur, bobines réceptrice et débitrice dont le bon fonctionnement garantit la régularité de projection de vos films aux cadences normalisées les plus courantes (généralement 18 et 24 images seconde).
    Certains projecteurs possèdent un mécanisme d’arrêt sur l’image. En l’actionnant, vous mettez en place un filtre anti-calorique sur le trajet des rayons lumineux, pour protéger l’image immobilisée dans la fenêtre d’un échauffement excessif. Malheureusement la brillance de l’image s’en trouve affectée !
  • Une boîte à lumière, comportant lampe et miroir, dont la fonction consiste à fournir une puissance lumineuse suffisante pour assurer une excellente luminosité des images sur l’écran.
  • Un système optique, composé d’un objectif, d’un condenseur et d’un filtre anti-calorique destinés à former une image nette et lumineuse et à protéger le film d’une chaleur excessive préjudiciable à sa longévité.

Réponses à Vos Questions

Choix d’un Projecteur

Quelles qualités fondamentales un projecteur doit-il présenter pour assurer tout à la fois une bonne restitution des images et une parfaites conservation des films ?

Un bon projecteur doit, pour assurer de façon pleinement satisfaisante les diverses fonctions qui lui sont dévolues, présenter les caractéristiques suivantes :

  1. Être équipé d’une lampe de puissance appropriée à la surface de l’écran à couvrir et de température de couleur assurant une reproduction fidèle des couleurs. Il est bon de souligner, à ce propos, l’évolution qui s’est produite dans les caractéristiques des lampes de projection.

    Pendant de longues années, seules les lampes à incandescence (TC 3200 K) furent employées, donnant une restitution des couleurs caractérisée par un rendu légèrement «chaud» et considérée comme satisfaisante. On assiste depuis un certain nombre d’années, au remplacement progressif de ces lampes. La recherche de lampes plus puissantes, plus stables, d’une longévité plus grande, et d’un moindre encombrement a conduit certains fabricants à adopter, pour leurs projections, des lampes quartz-halogène donnant une lumière plus «blanche», donc de température de couleur plus élevée, ne noircissant pas à l’usage et possédant une durée de vie beaucoup plus longue (50 h environ).

    Il existe aussi des lampes basse-tension à réflecteur incorporé (21,5 volts de 150 watts et 8 V-50 watts) qui, comme les lampes quartz-halogènes, sont alimentées par un transformateur incorporé au projecteur. Elles consomment moins de courant que les lampes à alimentation directe, chauffent beaucoup moins et n’exigent, de ce fait, qu’une ventilation simple, donc moins bruyante.

    Mentionnons enfin les lampes avec réflecteur dichroïque, de conception américaine. Leur particularité réside dans les caractéristiques de leur réflecteur incorporé, réfléchissant vers l’avant tout la lumière émise par le filament et dissipant vers l’arrière toute la chaleur émise. De ce fait, le film ne subit pratiquement aucun échauffement.

    Aussi les normes initialement prévues par les fabricants de films se trouvent-elles de plus en plus transgressées : la traditionnelle lampe à incandescence cédant peu à peu la place à des lampes plus «froides» sans que l’équilibre chromatique des films ait été modifié par les fabricants de surfaces sensibles.

    Cette évolution vers des températures de couleur beaucoup plus élevées a bien entendu, pour conséquence, un «refroidissement» général des teintes, qui serait particulièrement fâcheux si l’œil ne possédait cette merveilleuse faculté d’adaptation que nous lui connaissons.

  2. Posséder un système de ventilation silencieux assurant un refroidissement efficace de la lampe et du film projeté. La ventilation doit en outre pouvoir fonctionner seule avant l’allumage et après l’extinction de la lampe. En défit de cette disposition, évitez autant que possible de déplacer un projecteur immédiatement après l’avoir utilisé, car le filament de la lampe, encore chaud, est sensible au moindre choc.
  3. Être équipé de verres anti caloriques efficaces qui, disposés entre la lampe et le film, doivent assurer la sécurité de passage des films.
  4. Être doté d’un système d’entraînement du film (griffes, débiteurs, couloir etc.) présentant toute garantie pour assurer le mouvement intermittent du film, sans lui faire subir le moindre dommage. La fixité de l’image doit, au surplus, être absolument parfaite.
  5. Être muni d’un excellent objectif, à grande ouverture relative (1 :1,5 et même 1 :1 ), corrigé pour la couleur et spécialement «traité» contre les réflexions internes (voir page 40).

Éclairement non Uniforme

Quelle est l’origine des zones colorées qui apparaissent sur l’écran, en l’absence de film dans le projecteur, au moment où je fais mes réglages ?

Ces zones colorées dégradées sont l’indice d’une lampe mal réglée, c’est-à-dire mal positionnée. La plupart des projecteurs comportent, à cet effet, des vis de réglage permettant, en agissant sur le centrage de la lampe, de faire disparaitre progressivement ce phénomène et, par voie de conséquence, d’assurer une répartition uniforme de la lumière sur toute la surface de l’écran.

Chargement projecteur de film
Dispositif de chargement automatique 1. Couloir en courbe, guide-film pour la boucle supérieure – 2. Film – 3. le film doit être introduit à cet endroit – 4. Presseur maintenant le film appliqué contre le galet denté « 3 » – 5. Presseur analogue au « 4 » plaquant le film contre le galet denté (en « 6 ») – 7.Couloir en courbe guide-film, analogue à celui (en « 1 »). La partie frontale comportant l’objectif a été enlevée pour la clarté du dessin.

Chargement Automatique

Je possède un projecteur Super 8 à chargement automatique dont le fonctionnement n’est pas toujours sans reproche. Ce système est-il actuellement parfaitement au point ?

Pour que le système fonctionne parfaitement, il faut que l’extrémité du film servant à l’amorçage du chargement, soit coupée franchement, à bord net. En cas de doute sur la qualité de la coupure, vous avez intérêt à utiliser la lame coupante fixée sur le projecteur pour sectionner le début de l’amorce.

Le système de chargement automatique ne peut fonctionner que si le projecteur est équipé de la bobine réceptrice de modèle spécial prévue par le fabricant. Il peut arriver, malgré cela, notamment à la suite d’une cassure, que le film reste prisonnier du carter du projecteur. Il ne vous reste plus alors qu’à démontrer ce dernier pour «libérer» le film.

Les incidents sont, fort heureusement, assez rares sur les projecteurs modernes.

Projecteurs à Cassette

Les projecteurs à cassette présentent-ils de réels avantages par rapport aux projecteurs classiques ?

La particularité du projecteur à cassette réside dans le fait que le film, au lieu de se présenter en bobine, se trouve emprisonné dans un carter en matière plastique, permettant d’éliminer les manipulations du film et de mieux assurer sa protection. Les avantages qui en découlent trouvent principalement leur champ d’applications dans les présentations audio-visuelles sur les stands, dans les vitrines etc. où l’absence de manipulations et l’automatisme des principales opérations, constituent des avantages appréciables.

Les amateurs peuvent aussi, bien entendu, utiliser des projecteurs à cassette, puisqu’il suffit de placer la bobine de film livrée par le laboratoire de traitement ( 15 m de film) dans la cassette.

Il existe des cassettes de diverses capacités ( 15, 30, 60 et 120 mètres) mais de standards différents. Cette incompatibilité entre les divers systèmes (Kodak, Bell & Howell, Bolex) constitue malheureusement un frein au développement de ce système. Ajoutons, malgré tout, qu’il existe des projecteurs mixtes, fonctionnant indifféremment avec une cassette ou avec une bobine standard de 60 ou 120 mètres.

Pompage

Quelle est à votre avis l’origine du phénomène « d’aspiration » qui affecte régulièrement les images marquant le début de chaque scène de mes films ?

Il s’agit d’un phénomène connu sous le nom de « pompage » qui se caractérise, en effet, par une impression d’aspiration en arrière des premières images d’un plan : celles-ci reprenant ensuite rapidement leur position normale. Ce phénomène résulte d’une pression insuffisante du volet-presseur sur le couloir de prise de vues de votre caméra.

Filage

J’ai reçu récemment du laboratoire de traitement une bobine complète de film dont les images ressemblaient à un effet continu de «balayage» vertical. De quoi s’agit-il ?

Cet accident, appelé « filage », peut se produire soit à la prise de vues, ce qui semble votre cas, soit à la projection.

Dans le premier cas, le phénomène est dû à un défaut du chargeur et il n’existe aucun remède pour « récupérer» votre film.

Dans le second cas, le phénomène résulte d’un mauvais chargement du projecteur provoquant la résorption partielle de la boucle chargée d’assurer la stabilité des images. Le remède est alors facile puisqu’il suffit de reformer correctement la boucle.

Projecteurs Mixtes

Les films Super 8 peuvent-ils être projetés sur un projecteur 8 mm classique ?

Non. Bien que le format soit exactement le même, le pas et la forme des perforations ont été modifiés en vue d’accroitre la surface utile de l’image.

Afin d’éviter toute erreur, le diamètre des axes supportant les bobines débitrice et réceptrice des projecteurs Super 8 a été augmenté.

Signalons qu’il existe de très nombreux projecteurs mixtes assurant la projection du film double-huit et du film Super 8, solution pratique pour l’amateur possédant déjà de nombreuses bobines de film 8 mm classiques.

Causes de Détérioration

Quelles sont les principales causes de détérioration des films et quelles précautions convient-il de prendre pour les éviter ?

Les principales causes d’accident susceptibles de compromettre plus ou moins gravement la longévité d’un film sont les suivantes :

  1. Présence dans le couloir du projecteur de dépôts divers (poussières agglomérées, débris de film, dépôts d’oxyde magnétique, etc.) faisant saillie sur la surface de guidage parfaitement lisse : Ils sont à l’origine des rayures plus ou moins profondes et nombreuses qui affectent certains films. Il est donc indispensable de procéder, avant chaque projection, à un nettoyage méticuleux du couloir et de la fenêtre du projecteur.
  2. Chargement défectueux ou manœuvre erronée du projecteur pouvant se traduire par un arrachement des perforations, des déchirures, etc. De nombreux accidents se produisent aussi au moment du rebobinage, lorsque cette opération s’effectue à trop grande vitesse, à une tension trop grande ou sur des bobines surchargées ou voilées.
  3. Emploi d’un projecteur usagé, dont les griffes, le couloir, les débiteurs, déréglés ou abimés, peuvent labourer le film. Cet équipement doit donc faire l’objet d’un entretien régulier et de révisions périodiques.
  4. Mauvaise qualité des collures dont le passage peut entrainer le filage ou la rupture du film. Tout film doit être vérifié avant projection sur une enrouleuse afin de déceler les collures douteuses, les perforations abimées, etc.
  5. Conditions de conservation défectueuses du film lui-même qui ne doit être ni trop sec, sous peine de devenir cassant, ni trop humide, sous peine d’arrachement de gélatine au moment du passage dans le projecteur.

Entretien du Projecteur

La notice de mon projecteur ne fait aucune allusion à son entretien. N’y a-t-il pas cependant quelques opérations périodiques à effectuer ?

Les projecteurs modernes ne comportent en général ni points de lubrification ni points de graissage ; leur entretien ne pose donc aucun problème particulier, si ce n’est un dépoussiérage périodique de l’ensemble, le nettoyage du couloir de projection ainsi que celui de l’objectif.

Rayures

Existe-t-il un moyen permettant de faire disparaitre les rayures qui affectent un film ? Comment aussi peut-on les éviter ?

Il existe divers types de rayures. Les unes affectent la face support du film et peuvent en général, si elles ne sont pas trop profondes, être éliminées par dépolissage du support (dorsale du film) dans un laboratoire spécialisé. Les autres affectent la face émulsion du film et ne peuvent être éliminées qu’au moyen de techniques complexes et onéreuses.

Les rayures qui affectent un film peuvent provenir, soit d’un défaut ou d’un corps étranger situé dans la caméra, soit plus fréquemment, du passage du film dans un projecteur ou dans une visionneuse en mauvais état.

La plupart des rayures peuvent être évitées si l’on procède à un entretien régulier du matériel de projection : nettoyage fréquent des couloirs (caméra, projecteur, et visionneuse) à l’aide d’un cure-dents pour enlever les dépôts accumulés par les passages successifs du film.

D’autres précautions doivent également être prises :

  • dépoussiérer fréquemment l’original à l’aide d’un morceau de velours plié, tenu très légèrement et nettoyé régulièrement.
  • ne pas faire glisser le film entre deux doigts, en exerçant une pression, même légère, sur l’émulsion et sur le support. Le tenir par les bords.
  • ne jamais serrer les spires de film sur une bobine en exerçant une traction à l’une de ses extrémités : quelques abrasions légères peuvent en résulter.

Organisation d’Une Séance de Projection

Quelles sont les conditions à réunir pour assurer, sur le plan technique, une bonne séance de projection ?

Le parfait déroulement d’une séance de projection implique un certain nombre de préparatifs et une vérification minutieuse du matériel et des films.

Veillez tout particulièrement à la disposition relative du projecteur par rapport à l’écran afin que le faisceau lumineux soit perpendiculaire à sa surface, sous peine de déformation des images. La lampe de projection doit être choisie en fonction de la tension du réseau d’alimentation et comporter une petite marge de sécurité pour « encaisser » les inévitables variations de courant.

Je vous conseille tout particulièrement l’emploi d’un petit survolteur-dévolteur incorporé ou non dans la table de projection, afin de compenser en cas de besoin les variations du courant.

Le dégagement de chaleur étant proportionnel à la puissance de la lampe utilisée, cette dernière devra être choisie en fonction des dimensions de l’écran à couvrir sans jamais dépasser la puissance maximale indiquée par le fabricant du projecteur, sous peine de courir le risque d’abimer à la fois l’appareil et le film.

La stabilité du projecteur doit être assurée au mieux et l’obscurité de la pièce demeurer aussi complète que possible.

La qualité d’une projection cinématographique est fonction, elle aussi, en dehors des considérations précédemment exposées, d’un certain nombre de facteurs :

  • Les films, doivent être minutieusement préparés c’est-à-dire examinés soigneusement par passage préalable sur une enrouleuse afin de vérifier la bonne tenue des collures, l’état des perforations, le sens d’enroulement, etc .. et la propreté des images.
  • Veillez à ce que vos films comportent toujours une amorce blanche de début, pour en faciliter le chargement sur le projecteur, ainsi qu’une bande finale de même nature destinée à protéger les dernières images.
  • Procédez à un nettoyage sérieux du couloir et de la fenêtre de projection afin d’éviter que les poussières et petites particules accumulées au cours des projections précédentes ne risquent de rayer vos images.
  • Veillez au chargement correct du film sur le projecteur ; ne surchargez jamais les bobines de projection, écartez les bobines voilées et évitez les rebobinages trop rapides.
  • N’omettez pas de laisser tourner quelques minutes le moteur de votre projecteur après extinction de la lampe afin de permettre un bon refroidissement des parties internes et externes du projecteur.

Distance de Projection

Quelle est la distance idéale à laquelle doivent se trouver les spectateurs par rapport à l’écran pour apprécier une projection dans les meilleures conditions ?

Les nombreuses études faites dans ce domaine tendent à prouver que les spectateurs doivent se répartir en profondeur dans un intervalle de distances compris entre 1,5 et 6 fois la largeur de l’écran, la position optimale paraissant se situer entre 2 et 3 fois cette largeur.

Choix d’un Écran

Je suis particulièrement embarrassé pour le choix d’un écran de projection ayant recueilli à ce sujet des avis contradictoires. Quel type d’écran me conseillez-vous ?

Il n’est pas du tout surprenant que vous ayez reçu des avis différents sur le choix d’un écran, car il arrive bien souvent, que les éléments à prendre en considération paraissent contradictoires. Or le choix d’un écran est une affaire très sérieuse ; N’oubliez pas, en effet que la netteté des images tout autant que le contraste et la brillance des couleurs, dépendent pour une large part des qualités spécifiques de cette « surface réfléchissante », de ses dimensions, de sa nature, de sa texture, de son âge et de son emplacement par rapport aux spectateurs.

La difficulté du choix d’un écran réside dans la diversité de ses conditions d’utilisation. Il n’existe en effet aucun « écran universel », mais des types d’écrans s’adaptant plus particulièrement à certaines conditions de projection.

Il existe de nombreuses sortes d’écrans de projection qui se différencient les unes des autres par la nature de leur surface : mate, métallisée, perlée, lenticulaire, transsonore ou transparente.

Les écrans mats se caractérisent par un rendement lumineux moyen qui peut être compensé par l’emploi d’une lampe de projection plus puissante et par une égale répartition de lumière dans toutes les directions. La finesse de leur surface n’altère aucunement la netteté des images projetées, même à courte distance. Ils s’accommodent, par conséquent, des pièces les plus diverses et pourraient, bien des égards, être considérés comme l’un des meilleurs compromis.

Les écrans perlés possèdent indéniablement un rendement lumineux très élevé (près de quatre fois plus grand que les écrans mats) mais d’une répartition malheureusement inégale, c’est-à-dire atteignant son maximum au voisinage immédiat de l’axe de projection mais baissant rapidement sur les côtés. Leur effet « directionnel » les destine plus particulièrement aux pièces longues et étroites. Leur brillance ne demeure supérieure aux autres types d’écrans que sous un angle relativement étroit. Sous un angle de 20 à 30° par rapport à l’axe de projection, leur brillance est approximativement égale à celle d’un écran mat ; au-delà, elle est inférieure. Composés de microscopiques perles de verre incolores collées sur une toile imprégnée d’un enduit adhésif, les écrans perlés présentent une certaine « granularité apparente» qui, pour des spectateurs situés assez près de l’écran, nuit quelque peu à la netteté des images.

Ils présentent, en outre, une certaine fragilité. Leur emploi est conseillé lorsqu’il s’agit d’obtenir le maximum de lumière, pour un nombre très restreint de spectateurs privilégiés, cas d’ailleurs courant dans la projection familiale.

Les écrans métallisés sont essentiellement utilisés à l’heure actuelle pour la projection en relief qui nécessite l’emploi d’une surface ne dépolarisant pas la lumière. Ils trouvent également leur place dans certaines salles de cinéma professionnelles où l’élargissement des écrans imposé par le Cinémascope leur a apporté une vogue nouvelle. Ils assurent une bonne définition des détails à courte distance mais présentent, malgré tout, un léger effet directionnel.

Les écrans lenticulaires, de création récente, présentent un fin réseau de cannelures verticales, alternativement concaves et convexes, réfléchissant la lumière sous un angle beaucoup plus grand que les écrans perlés et métallisés. Bien que la brillance de l’image dans l’axe soit inférieure à celle donnée par ces derniers, ils assurent à notre avis le meilleur compromis entre les qualités qu’on peut exiger d’un écran de projection. Ils donnent des images nettes, vigoureuses et contrastées, d’excellente qualité.

Les écrans « plein jour » sont, comme leur nom l’indique, tout spécialement destinés à la projection en lumière ambiante, même très claire (salle de classe, stands d’exposition, vitrines, etc.).

Les écrans transparents ne sont guère utilisés par les amateurs. Ils trouvent surtout leur application dans les projections publicitaires (vitrines, expositions, etc.), chaque fois qu’on désire incorporer le système de projection, soit dans un meuble fonctionnel soit dans l’ossature même d’un stand. La projection par transparence donne, pour une puissance égale de la lampe, une image à la fois plus brillante et plus contrastée, ce qui présente un énorme avantage pour la projection en lumière ambiante. Ils présentent, pour la plupart, un certain effet directionnel, inférieur à celui des écrans perlés et peu gênant dans les conditions normales d’utilisation.

Formules Pratiques

Taille de l'image avec un projecteur de film
En haut. Les dimensions de l’image projetée varient proportionnellement avec la distance écran-projecteur : plus la distance est grande, plus la surface de l’image est grande. En bas. Les dimensions de l’image projetée varient proportionnellement avec la. focale de l’objectif de projection : plus la focale est courte, plus la surface de l’image est grande.

Disposant d’une pièce de longueur déterminée et d’un écran de projection comment puis-je calculer la distance focale de l’objectif à utiliser sur mon projecteur pour couvrir complètement la surface de mon écran ?

L’application de la formule f = L × p′ / L′ vous en donne la solution sachant que :

f = focale de l’objectif
L′= largeur de la projection
L = largeur homologue de l’image sur le film
p′= distance de projection.

On adopte généralement, pour la largeur homologue de l’image sur le film (L), les nombres suivant :

Cinéma 8mm : L = 4,4 mm
Cinéma Super 8 : L = 5,4 mm

Ainsi pour couvrir un écran de 1,50 m de base à une distance de 5 mètres, faut-il utiliser, pour la projection d’un film : Super-8, un objectif de focale :

f = 5,4 × 5000 / 1500 = 18 mm

Si vous ne possédez pas un objectif ayant exactement cette focale, vous choisirez celui qui s’en approche le plus, quitte à modifier légèrement la distance de projection.

Notez que cette même formule peut vous permettre aussi de calculer la distance de projection connaissant la focale de l’objectif et la largeur de l’écran :

p’ = L’f / L

ou encore la largeur de l’écran connaissant la distance de projection et la focale de l’objectif.

L’= p’L / f

Sachez enfin que les dimensions de l’écran, approximativement proportionnelles à la distance de projection, se trouveront doublées, triplées, etc., quand cette distance sera elle-même doublée, triplée, etc. Quant à la surface de l’écran, elle variera avec le carré de la distance de projection.

Distance objectif-écran en fonction de la focale du projecteur et de la largeur d’image désirée sur l’écran.

  Super 8 8mm
Largeur d’image
sur l’écran
Focale de l’objectif Focale de l’objectif
  18 mm 22 mm 28 mm 18 mm 20 mm 25 mm
en m m m m m m m
0.75 2.55 3.20 4.15 3.20 3.50 4.40
1.00 3.45 4.2 5.45 4.20 4.60 5.80
1.25 4.30 5.30 6.90 5.20 5.80 7.30
1.50 5.10 6.30 7.90 6.20 6.90 8.80
1.75 5.90 7.20 9.20 7.20 8.00 10.00
2.00 6.70 8.20 10.50 8.20 9.20 11.50