Conservation des Films

Nous avons examiné les conditions optimales dans lesquelles les films en couleur devaient être conservés. Nous examinons maintenant, à travers vos questions les problèmes posés par temps froid et par temps chaud.

Précautions par Temps Froid

Quel est le comportement des films et de l’équipement de prises de vues aux très basses températures ?

Lorsque la température descend au-dessous de 0°, il est prudent d’éviter de faire subir à votre appareil de prise de vues des changements de température trop rapides et importants. Venant de l’extérieur, il y aura, à l’intérieur d’une pièce chauffée, condensation de l’air chaud sur l’objectif, le système de visée et parfois le film. Dans le cas contraire, l’humidité relative de l’air chaud pourra se transformer en givre, si l’appareil est brutalement exposé à l’air froid. Une sage précaution consiste à conserver son appareil sur soi, dans une poche, par exemple, et à ne le sortir que pendant le temps strictement nécessaire au prises de vues.

Par temps très froid, le film peut devenir cassant, se déchirer brutalement et subir des amorces de ruptures au niveau des perforations. A cet effet, il sera toujours préférable de procéder au chargement de l’appareil à l’intérieur et, en cas d’impossibilité, de conserver les chargeurs de rechange sur soi, dans une poche.

Précautions par Temps Chaud

Quelles précautions convient-il de prendre, au niveau des films et du matériel, en vue de leur utilisation dans les pays de climat tropical ?

Nous distinguerons la protection du matériel et celle des surfaces sensibles.

Protection du Matériel

Une température modérément forte n’est pas mauvaise en soi pour les appareils et les accessoires, mais une chaleur trop intense doit être évitée au maximum, sauf, bien entendu, au moment où l’on doit se servir de l’appareil.

Ne pas laisser les appareils et accessoires en plein soleil plus longtemps qu’il n’est nécessaire et ne pas, non plus, les laisser dans des endroits clos : tels que la boîte à gants ou le coffre d’une voiture qui stationne au soleil. Souvenez-vous qu’une surface blanche réfléchit la chaleur aussi bien que la lumière. Pour cette raison, un objet peint en blanc, reste plus frais au soleil qu’un objet de couleur foncée.

Les poussières abrasives sont un problème majeur sous beaucoup de climats tropicaux. Introduire l’appareil et les objectifs dans des sacs en matière plastique est utile, mais en atmosphère humide, l’air subsistant dans les sacs favorise rapidement la croissance de moisissures. Le matériel ne doit donc pas être conservé ainsi plus de quelques heures.

Un nettoyage constant des appareils avant et après emploi est absolument nécessaire. On prendra soin, tout spécialement, de l’objectif, car l’action abrasive du sable est une menace sérieuse pour les surfaces en verre et, en conséquence, pour l’image cinématographique. Nettoyer les objectifs en les époussetant légèrement ou en soufflant.

Certains cinéastes montent en permanence un filtre voile atmosphérique ou un simple verre optique sur les objectifs, en guise de protection contre les abrasions. Un filtre rayé peut être remplacé sans engager une forte dépense. De plus, un filtre voile atmosphérique n’a pas d’effet appréciable sur l’exposition.

Protection des Surfaces Sensibles

Avant exposition. Les surfaces sont des produits périssables ; un stockage adéquat est, de ce fait, important à tout moment. En climat tropical, il l’est encore plus, car la détérioration dans une atmosphère chaude et humide est très rapide.

Dans les pays tropicaux ou pendant les jours chauds de l’été dans la plupart des pays tempérés, lorsque la température moyenne dépasse 20 à 25 °C, le seul moyen de soustraire les films à l’excès de chaleur, en vue d’une utilisation normale, consiste à les entreposer, surtout si la durée de stockage dépasse 4 semaines, dans un réfrigérateur, à l’intérieur de leur emballage étanche ou, à défaut, dans un récipient fermant hermétiquement, car l’humidité dégagée par les aliments qui s’y trouvent peut être préjudiciable à leur parfaite conservation. En vue d’une utilisation particulièrement critique de ces films, ceux-ci devront être conservés dans un congélateur à des températures de – 15 à – 25 °C auxquelles l’évolution des caractéristiques du film se trouve complètement arrêtée.

Dans ce dernier cas, les films doivent être sortis du réfrigérateur de 1 à 1 heure ½ environ avant l’utilisation, selon la différence de température avec l’air ambiant, afin d’éviter la condensation de l’humidité atmosphérique sur leur surface. En outre, leur rapidité se trouve légèrement affectée par les basses températures.

Les pourcentages extrêmes d’humidité relative sont une menace sérieuse pour toutes les surfaces sensibles photographiques, même à une température modérée. A de hautes températures, les effets de l’humidité sont très accélérés. A l’opposé, une humidité relative très basse, n’est pas très dangereuse, mais, si elle chute en dessous de 15 % pendant un temps assez long, un humidificateur électrique devra être installé, de manière à maintenir une humidité relative de 40 à 50 % dans l’aire de stockage.

Stockage des films. La plupart des bons films sont empaquetés dans des enveloppes scellées à chaud, résistant à l’humidité. Cependant. lorsque l’humidité relative est constamment supérieure à 60 %, il devient nécessaire de protéger les emballages contre l’humidité. Les surfaces sensibles couleur doivent être conservées dans un réfrigérateur jusqu’à l’ouverture de l’emballage étanche. Pour éviter la condensation, observer les délais de réchauffement donnés ci-dessus.

Comme l’air emprisonné dans un réfrigérateur est humide, les paquets de films entamés doivent y être remis dans une boîte fermée, avec un desséchant. tel que le gel de silice, pour absorber l’excès d’humidité.

En général. ne conservez pas plus de films qu’il n’est nécessaire, particulièrement si des conditions satisfaisantes de stockage ne sont pas réalisables. Les films sont aussi affectés par I’ activité chimique des vapeurs et des gaz. Ceci peut provenir de certaines matières plastiques, peintures, laques, de moteurs à combustion interne.

Après exposition. Le film n’étant plus protégé du tout par son emballage, doit être envoyé au laboratoire de traitement le plus rapidement possible, il est, en effet, tout à fait déconseillé d’attendre plusieurs mois avant de faire développer un film, car ce dernier devient, après exposition, beaucoup plus sensible qu’auparavant aux conditions de conservation. Son équilibre chromatique peut en souffrir.

Après traitement, les films doivent être entreposés dans un endroit sec, frais et à l’abri de la lumière. La température idéale se situe vers 18-20 °C et l’humidité relative de l’air entre 25 et 50 %. Notons cependant que les conditions de conservation ont beaucoup moins d’influence sur les couleurs d’un film traité; par contre, ses qualités physiques peuvent se modifier.

Transport des Films par Temps Chaud

Existe-t-il un moyen simple et pratique pour transporter des films par temps très chaud ?

Une simple boite isothermique, analogue à celle utilisée par les campeurs, peut suffire à protéger les films d’une chaleur excessive. A défaut, un emballage du type de ceux employés pour le transport des glaces pâtissières, peut faire l’affaire.

Laquage

Que faut-il penser des procédés de vernissage ou de laquage des films ? Peuvent-ils être considérés comme sans danger et quelle est leur efficacité réelle ?

Une assez longue expérience de ces procédés sur des films exploités d’une façon intensive me permet de conclure d’emblée à leur efficacité et à leur innocuité. Le dépôt d’un vernis ou d’une laque sur un film (système Permafilm, Cinélac, etc.) préalablement parfaitement nettoyé, par un laboratoire spécialisé, assure une protection efficace des images en réduisant très sensiblement les risques d’abrasion. De plus, le passage du film dans le projecteur se trouve facilité et sa souplesse améliorée.

Suppression des Rayures

Existe-t-il un procédé permettant de supprimer les rayures et abrasions qui apparaissent sur un film ?

Il convient tout d’abord d’établir une distinction entre les rayures, selon qu’elles affectent la face support ou la face émulsionnée du film.

Dans le premier cas, un traitement efficace (dépolissage et laquage) peut être appliqué par certains laboratoires spécialisés, qui sont en mesure de faire disparaître complètement les diverses rayures et abrasions. Dans le second cas, il n’existe aucun remède pratique, si l’on excepte certaines techniques de tirage, délicates et onéreuses, pratiquées par quelques laboratoires professionnels.

Nettoyage

Quelle méthode préconisez-vous pour assurer le nettoyage efficace et sans danger d’un film cinématographique ?

Le dispositif le plus pratique consiste à placer le film sur une enrouleuse ou, à défaut, sur le projecteur lui-même en faisant défiler le film directement de la bobine débitrice à la bobine réceptrice sans passer par le système d’entraînement (griffes et débiteurs). Dans un cas comme dans l’autre, vous procéderez au nettoyage de votre film dans une pièce largement ventilée, au moyen d’un tampon de coton, d’un morceau de velours préalablement lavé ou d’un chiffon de soie imbibé de trichloréthylène.

Vous ferez défiler lentement votre film en le tenant pincé légèrement par le tampon imbibé de produit, en lui faisant décrire une large boucle afin qu’il soit parfaitement sec au moment du rebobinage. Vous veillerez, bien entendu, à ce que le tampon soit constamment imbibé de produit et vous procéderez à son remplacement aussi fréquemment qu’il sera nécessaire. Si votre film comporte une piste magnétique marginale, certaines précautions supplémentaire devront être prises. Vous devrez, en particulier, vous assurer sur un plan de film non utilisé que le liquide de nettoyage n’exerce aucune influence néfaste sur la piste.

Si cette dernière à tendance à se ramollir, n’hésitez pas à changer de produit et, pour plus de sécurité à vous procurer le produit adéquat auprès de votre fournisseur habituel.

Contrôle par Rayon X

J’ai entendu dire qu’il était dangereux de soumettre des films au contrôle par rayons X pratiqué dans certains aéroports. Est-ce exact et quelles peuvent en être les conséquences éventuelles ?

Les grands aéroports internationaux sont en effet équipés, pour la plupart, de systèmes de contrôle des bagages à mains utilisant des générateurs à Rayons X. Ces systèmes pourraient effectivement s’avérer très dangereux puisque les films sont sensibles à ces radiations. Cela se traduirait par un voile général les rendant absolument inutilisables.

Fort heureusement, l’intensité des rayons utilisés pour ces contrôles est extrêmement faible et ne peut affecter vos films, à moins d’expositions d’expositions répétées des mêmes films, au cours d’un voyage comportant de nombreuses escales, en raison de l’effet cumulatif de ces rayons. Il existe ; toutefois, un sac conditionné spécialement protégeant les films des Rayons X.

En cas de doute, demandez à bénéficier d’une inspection visuelle de vos bagages à mains.

Duplicata de Films Super 8

Je voudrais participer à un concours de cinéma d’amateur sans prendre de risque pour mon original. Peut-on, à l’heure actuelle, obtenir des copies de bonne qualité à partir d’un film Super 8 ?

Plusieurs laboratoires peuvent se charger de ce travail mais la condition première à remplir consiste à partir d’un bon original :

  • correctement exposé, c’est-à-dire donnant sur l’écran, dans les conditions recommandées par le constructeur du projecteur, une image brillante aux valeurs parfaitement détaillées.
  • de contraste moyen, présentant des détails clairement visibles dans les ombres et dans les lumières, faute de quoi l’accroissement de contraste qui résulte normalement du processus de duplication, entraînera la disparition des détails de l’image dans les parties claires et sombres du sujet filmé.
  • de netteté satisfaisante, car la légère diffusion qui se produit sur la copie affectera plus ou moins la netteté des images de votre film.