Sony DHR-1000

Sony DRH-1000Mon premier est une déclinaison de l’EV-S9000, mon second sera commercialisé en juin 1996 autour de 26 000 F, mon troisième est numérique. Gagné, c’est le DHR-1000 premier magnétoscope numérique miniDV & DV.

Danielle Molson – mai 1996

On l’attendait pour mars 96, puis pour juin… C’est-à-dire juillet. Septembre quoi ! Là-dessus, les milieux bien informés lancèrent la rumeur qu’il n’y fallait point compter avant le premier semestre 97.

Scènes de désespoir chez les pionniers de la prise de vues numérique grand-public. Et pourtant, le premier magnétoscope DV était prêt, la technologie maîtrisée, les caractéristiques pratiquement connues. Seuls des problèmes de copyright retardaient sa commercialisation. Il fallait s’en prendre aux éditeurs audiovisuels réticents à s’accorder avec les industriels sur les épineuses questions de piratage. Eh oui, le jour prochain où des films sortiront en vidéo numérique, comment entraver l’ardeur duplicatrice de quidams assurés de retrouver sur la copie la qualité d’image de l’original ?

Surprise !

Dès la mi-mars, au Cebit de Hanovre, les habitués des salons ont vu rutiler le carénage d’aluminium brossé du DHR-1000, surprenant au passage l’annonce d’une commercialisation européenne imminente. Là-dessus, Sony France confirme, à grand renfort de conférence de presse : « Oui, le magnétoscope numérique sera commercialisé en juin ».

« A combien ? 26 000 F TTC». Pas vraiment donné. Mais bon, la performance a un prix et la nouveauté aussi.

Naturellement, l’appareil subira un banc d’essai dans les règles dans un prochain numéro. Mais un petit point sur ses spécifications s’impose. Vient d’abord, l’info avec un I majusculissime. Celle qui soufflera le soulagement sur la tribu des DVistes militants : les images provenant d’un camescope peuvent être copiées, recopiées, archi-recopiées sans pertes. En clair, contrairement aux prévisions de départ, non seulement le premier montage, autrement dit la seconde génération, ne connaîtra pas de dégradations, mais il en ira de même pour toutes les suivantes. En revanche, les films préenregistrés du commerce ne seront absolument pas reproductibles en numérique. Quant aux programmes TV, pas d’interdit particulier, rien n’empêche de les enregistrer en numérique.

Performances

Ce point établi, le DHR-1000 reprend les particularités de l’EVS9000. Edition synchronisée avec les appareils dotés d’une prise Lanc, assemblage programmé de 10 séquences, doublage et mixage son, précision à l’image près grâce au time code, et TBC. Viennent se greffer à ces spécifications une pause impeccable, des ralentis avant/arrière au 1/5 et 1/10′ et la lecture image par image avant-arrière. Plus d’Edit Monitor, mais une fonction Edit Window servant à visualiser sur son téléviseur les dix points d’entrée et les dix points de sortie des séquences sélectionnées, sous forme d’imagettes. Outre sa connectique DV, l’appareil dispose toujours d’entrées/sorties composites et Y/C.

Avantages

La copie sans perte et la qualité d’enregistrement (500 points/ligne de définition horizontale) bien sûr, mais aussi on dispose de l’insertion d’images seule (c’était impossible en 8 mm/Hi-8). Côté audio, l’enregistrement s’effectue en 48 kHz/16 bits ou en 32 kHz/ 12 bits. Le doublage son ne fonctionne que dans le second cas. On dispose alors de deux pistes stéréo. Notez que le son mixé est reportable à la copie sur une seule des deux pistes, ce qui permet d’effectuer un doublage supplémentaire à chaque nouvelle génération. Enfin, l’appareil lit, mais n’enregistre pas en 44,1 kHz/16 bits.

En terme de supports, le DHR-1000 accueille aussi bien les mini DV de 30 ou 60 minutes que les « grandes cassettes » ou standard DV de 270 minutes (ne convenant pas aux camescopes) sans adaptateur. Il va sans dire que ce magnétoscope DV refuse catégoriquement les bandes 8 mm, VHS, VHS-C et autres. Enfin, bien que le DHR-1000 n’enregistre qu’en Pal, le tuner reste Pal/Secam, conserve le Nicam et le système de programmation Show View et gagne au passage le PDC. Alors tentés ?

CV 94